Petite Galerie
Angela Marsh
Beloveds II
Type de projet
Exposition
Date
7 mai 20 juin 2027
Vernissage
7 mai, 17 h
Site web
https://www.angelaevemarsh.net/Crédit : Dedans dehors
Le projet
Beloveds II
Beloveds II est un projet de création réalisé en collaboration avec la botanique des friches. L’installation est composée de plantes-sculptures fabriquées à partir de tiges récoltées à la fin de l’hiver à proximité de l’Œil de Poisson. Elles sont fixées au sol par des pieds façonnés en céramique, finis en glacis de tempera à l’œuf aux pigments naturels. Ces nouvelles plantes-sculptures s’ajoutent à une sélection de la première édition de Beloveds, présentée à la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement au printemps 2026.
Dans son travail, Angela Marsh s’intéresse à la phytoremédiation, ou « alchimie végétale », soit la capacité des plantes à absorber des contaminants du sol et de l’eau en les stockant dans leurs racines ou en les transformant en éléments moins toxiques. Selon les recherches qu’elle a menées jusqu’à présent, toutes les plantes sauvages ont des capacités de guérison et de soin. Le Verger d’or, par exemple, enlève des microplastiques, du plomb et du cadmium présents dans le sol, tandis que l’Achillée millefeuille retire de l’arsenic et décompose des hydrocarbures. D’autres espèces participent à la restauration des écosystèmes en réintroduisant de l’azote dans les sols, en renforçant la biomasse ou en absorbant les sels de déglaçage, manifestant ainsi une diversité de formes de soin. Ces apprentissages sur les propriétés et les rôles des plantes collaboratrices sont rassemblés dans un fascicule qui accompagne le projet.
Pour intégrer une dimension temporelle à l’installation et souligner la vie qui se déploie à la suite de l’entropie ainsi que la circularité des systèmes du vivant, Angela Marsh fait pousser des graines tombées de ses plantes. Ce geste vise à respecter la vocation de celles-ci : assurer la génération suivante tout en posant une action réciproque dans cette collaboration. Après l’exposition, les jeunes végétaux seront transplantés dans des lieux extérieurs qui pourront les accueillir et bénéficier de leur présence à long terme.
Le terme « beloveds » en anglais évoque un amour profond pour un être cher. En guise de titre du projet, Angela Marsh invite les visiteur·euse·s de l’exposition à considérer ces plantes sauvages comme nos beloveds : des membres de la famille élargie, des êtres chers qui prennent soin de notre terre et de nous, et dont nous devons respecter et prendre soin en retour.
Ce projet veut remettre en question des étiquettes comme celle de « mauvaise herbe », tout en nous faisant découvrir les propriétés guérisseuses de ces plantes, ces êtres qui contribuent à transformer nos milieux fatigués et contaminés en véritables oasis de vie. Les têtes et les plumes des plantes sauvages en hiver sont souvent perçues comme « laides » ou « malpropres ». Cette perception sociale dénaturée encourage des pratiques dites violentes de taillage et de rasage de nos jardins en automne afin de « nettoyer » nos paysages. Pourtant, les plantes sèches constituent de véritables mangeoires pour les oiseaux et les petits mammifères en hiver. De plus, la beauté de leurs feuilles courbées et de leurs cosses sinueuses nous rappelle le caractère éphémère de la vie et des saisons. Comment accueillir et vivre avec une esthétique qui, peut-être, n’est pas conforme, mais qui porte en elle des possibles, de l’espoir, du soin et du bien?
À propos de l'artiste
Angela Marsh
Originaire de Montréal et de Toronto et installée à Québec, sur le territoire Wendat du Onyionhwentsïio’, Angela Marsh crée des projets artistiques-écologiques-relationnels qui sont le résultat d’une recherche de réciprocité intime et d’apprentissage du vivant. Elle est lauréate du prix Artiste dans la communauté 2025 du Conseil des arts et des lettres du Québec pour son projet « C’est vraiment juste une histoire d’amour », présenté en partenariat avec le Musée national des beaux-arts du Québec sur les Plaines d’Abraham de 2021-2023. Angela a notamment exposé ses œuvres à la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement à Saint-Edmund-de-Grantham, au Musée canadien de la nature à Ottawa, à A Space Gallery à Toronto, à OBORO à Montréal et au centre Jacques et Michel Auger à Victoriaville, et elle est artiste en résidence à la Faculté des sciences de l’Université d’Ottawa. Elle est actuellement au doctorat en art et écologie à l’Université Laval et titulaire d’une maîtrise en arts visuels de la même institution (2019), ainsi que d’une maîtrise en éducation (2004) de l’Université de Toronto. Elle a publié ses recherches et ses écrits dans différentes revues universitaires et artistiques, y compris une monographie qui a été produite en 2025 sur son œuvre, ainsi qu’au Journal of Aesthetic Éducation et WEAD magazine (États-Unis), à Cigale (MTL) et au Research in Arts and Éducation de l’Université Aalto (Finlande).